Durban : un changement autre que climatique ?

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À Durban, les jours passent et se ressemblent. Quelques jours avant la fin du Sommet pour le Climat les résultats ne sont pas très encourageants. Les actions de la société civile menées dans le monde entier contrastent fortement avec le peu d'avancées engrangées durant le Sommet.

klimaatbetoging brussel

Samedi 3 décembre des personnes du monde entier sont descendues dans la rue pour exiger qu'un accord climatique contraignant soit signé à Durban en Afrique du Sud. À Bruxelles, plus de 3000 personnes issues de la société civile ont manifesté, dont 200 dans la délégation Oxfam.

Au même moment, dans les rues de Durban, les manifestants exigeaient des garanties quant à la suite à donner au protocole de Kyoto, qui expirera fin 2012. Pour rappel, Kyoto est l'unique accord international contraignant portant sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Un manque coupable de progrès

À l'heure actuelle il semble peu probable que les décideurs internationaux réunis à Durban arriveront à conclure un nouvel accord. Les États-Unis demandent que la conclusion de ce nouvel accord sur l'émission de gaz à effet de serre soit repoussée jusqu'en 2020, et il semble que l'Union européenne soit également en train d'évoluer vers cette position.

En se basant sur les preuves scientifiques, mais aussi sur la réalité climatique à laquelle de nombreuses populations du Sud doivent d'ores et déjà faire face, il est presque certain qu'un report de la décision jusqu'en 2020 aura des conséquences catastrophiques. Les négociations se poursuivent mais l'avenir demeure plus incertain que jamais.

Les organisations de la société civile suivent donc attentivement la position des États-Unis. Elles ont déjà déclaré aujourd'hui lors d'une conférence de presse qu'un report de 10 ans de la décision n'est pas envisageable. “Si les États-Unis refusent d'avancer, ils doivent faire un pas de côté et laisser l'opportunité aux autres pays de travailler ensemble”, déclare Brigitte Gloire, collaboratrice d'Oxfam.

Le Fonds vert pour le climat, dont la création a été décidée à Cancun, fait également encore débat. Les décideurs internationaux ne sont pas encore convenus ni de qui sera en charge de la gestion de ce Fonds, ni des mécanismes qui le financeront, ni de l'affection précise des moyens ainsi mis à disposition.

Qu'entendons-nous par 'Adaptation' ?

Oxfam continue d'exiger que la moitié des moyens du futur Fonds vert pour le climat soient mis à disposition pour financer l'adaptation. Par adaptation nous entendons l'amélioration de la capacité des pays en développement à s'adapter aux conséquences du changement climatique.

Un exemple récent d'Afrique du Sud souligne la nécessité de mettre des moyens à disposition pour financer cette adaptation. Dans ce pays les scientifiques, mais aussi les agriculteurs, préviennent que la culture du thé rouge 'Rooibos' – actuellement uniquement possible dans une région spécifique à l'ouest du pays – ne sera bientôt plus possible. Selon ces prévisions, le secteur agricole sud-africain sera fortement touché par les futures sécheresses et inondations consécutives au changement climatique.

Des essais de cultures de thé 'Rooibos' ont été effectués dans d'autres régions, mais sans succès. Les agriculteurs tentent donc maintenant de s'adapter au changement climatique. Ils utilisent désormais des graines en lieu et place de jeunes pousses qui nécessitent beaucoup d'eau. Ils plantent également des rangées d'arbres qui protègent les cultures du vent et freinent l'érosion des sols, et utilisent des systèmes de captation d'eau.

Brigitte Gloire souligne que le futur Fonds vert pour le climat doit permettre de financer ce type d'adaptations : “Les groupes d'agriculteurs sont particulièrement motivés pour trouver eux-mêmes des solutions au changement climatique. Mais ils disposent de moins de moyens pour y arriver. Il ne s'agit pas uniquement de donner de l'argent, mais surtout de donner aux petits agriculteurs les moyens de s'aider eux-mêmes”, conclut Brigitte Gloire.

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