Rio+20 : ils sont venus, ils ont vu et… ils sont repartis

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Pour Oxfam, Rio+20 restera dans l’histoire comme une vaste blague. Les décideurs politiques sont venus, ont parlé mais n’ont pas agi…

Si l’on savait avant la Conférence des Nations unies sur le Développement durable que les avancées risquaient d’être minces, le texte final adopté par les délégations à Rio est encore plus pauvre que ce que l’on craignait . « L’organisation brésilienne tenait absolument à aboutir à un accord et a donc retiré du texte final toutes les dispositions qui pouvaient fâcher les uns ou les autres. Mais dénué de toute substance, l’accord conclu à Rio+20 a tout d’une coquille vide », constate Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer Développement durable pour Oxfam-Solidarité à l’issue de la Conférence.

Des avancées minimes

« Ce document qui représente le plus petit commun dénominateur de ce que tous les pays réunis à RIO étaient prêts à concéder pour rendre notre futur plus viable, ne nous permettra pas de répondre à ce magnifique défi : garantir pour tous les citoyens du monde, un seuil de développement minimum et la réalisation des droits humains fondamentaux, dans les limites d’une planète redevenue saine et hospitalière. »

«Dans les salles de réunion du RIO CENTRO, les négociateurs du  « Monde » étaient soit très timorés, soit représentés par des gens de pouvoir qui n’étaient manifestement pas prêts à courir le risque de le perdre en défendant l’intérêt général et les changements qui s’imposent. Les Brésiliens n’ont pas voulu s’engager dans des discussions houleuses et porter la responsabilité d’un éventuel échec. Et les gouvernements des pays les plus puissants économiquement, n’ont pas voulu renforcer la gouvernance mondiale. Seule à même de garantir le cadre, les politiques, le respect des traités et conventions internationales, les régulations et surtout l’équité dans les changements à venir de nos modes de production et de consommation. »

Apathie politique

La création d’un Conseil  du développement durable, véritable organe de contrôle et de mise en œuvre de politiques intégrant au niveau international les facteurs sociaux environnementaux et économiques, aurait pu constituer une avancée significative. Mais là encore les décideurs sont restés muets. « Nous élisons des gouvernements pour qu’ils règlent des problèmes que l’on ne peut régler seul. Pourtant, ils ne prennent pas les mesures fortes dont le monde a besoin urgemment. Inertie et intérêts particuliers sont venus paralyser les débats et les décideurs n’ont rien mis en œuvre pour contrer cette crise à la fois économique, sociale et environnementale», renchérit Barbara Stocking, directrice d’Oxfam.

Malgré l’échec de Rio+20, reconnu tant par les ONG que par les politiques, à quelques exceptions près, il reste des motifs d’espoir. A commencer par la déclaration du secrétaire général des Nations unies dans laquelle il annonce un plan ambitieux pour lutter contre la faim dans le monde. « Le ‘Zero Hunger Challenge’ (‘le défi de l’éradication de la faim’) de Ban Ki Moon est une lueur d’espoir bienvenue dans un sommet honteusement dénué de toute réelle avancée pour le milliard de personnes qui s’endort chaque soir le ventre vide», note Barbara Stocking.

Oxfam maintient son engagement

De même, la possibilité de voir l’Union Européenne adopter une taxe sur les transactions financières laisse également entrevoir un avenir plus radieux. Mais encore faudra-t-il que cette taxe ne serve pas uniquement à renflouer les caisses des états de l’Union mais bien à lutter contre le changement climatique et ses conséquences directes sur les populations les plus pauvres.

Ainsi, Barbara Stocking d’insister : « Le président français François Hollande et les autres décideurs européens qui se réunissent à Rome ont les moyens de restaurer une confiance désormais ébranlée dans le système financier. Et ce, en adoptant une Taxe sur les Transactions Financières dont les retombées devront être équitablement divisé entre les pays du Nord et du Sud. Et pour ce qui est du Sud, une moitié doit être utilisée pour financer le développement et l’autre, pour contrer les effets du changement climatique. »

En guise de conclusion, Oxfam tient à réaffirmer son engagement indéfectible : « L’échec de Rio+20 ne va faire qu’attiser la colère et l’insécurité du grand public. Mais Oxfam va continuer à se tenir debout, à côté de ses partenaires et alliés, pour transformer cette colère en une irrésistible et inextinguible exigence de changement. »

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