Découvrez les ‘points chauds de l’insécurité alimentaire’ dans le monde !
Oxfam publie une carte interactive illustrant l’impact de la volatilité des prix alimentaires sur les communautés les plus pauvres. Cette carte des ‘points chauds de l’ insécurité alimentaire’ donne une vision globale de l’impact de la crise alimentaire mondiale.
« Les changements brutaux et la tendance de prix alimentaires plus élevés ont eu un effet dévastateur sur les revenus des populations pauvres et sont à l’origine d’instabilité et de violences aux quatre coins du monde », explique Thierry Kesteloot, Responsable du plaidoyer souveraineté alimentaire pour Oxfam . « Du Yémen à la Bolivie, nous ne pouvons plus ignorer la pression exercée par la volatilité des prix alimentaires sur les communautés les plus démunies. Et les dirigeants du monde entier doivent agir davantage pour changer cela ! »
Après des décennies de lutte contre la faim et quelques progrès dans ce sens, le nombre de personnes n’ayant pas assez à manger augmente à nouveau et pourrait rapidement dépasser le milliard. Depuis fin 2010, l’accès à la nourriture pour les producteurs et consommateurs pauvres est devenu encore plus précaire et plonge des dizaines de millions de personnes dans l’extrême pauvreté. Les solutions actuelles apportées par les dirigeants du G20 afin de faire face au problème ne représentent guère plus qu’un ‘cataplasme sur une jambe de bois’, n’apportant que peu d’espoir aux communautés en difficulté.
Cette carte met en exergue des pays particulièrement vulnérables à la volatilité des prix où cette dernière a contribué à des émeutes ou troubles sociaux mais aussi des pays ayant souffert de conditions climatiques extrêmes.
Quelques exemples révélés dans cette carte :
- Pakistan : Environ deux tiers de la population dépensent entre 50 et 70% de leurs revenus pour se nourrir ; ce qui les rend très vulnérables à l’augmentation des prix alimentaires.
- Tanzanie : Malgré de belles performances économiques, plus de la moitié de la population vit dans l’extrême pauvreté et est également très vulnérable à la flambée de ces prix.
- Mozambique : En 2010, après des récoltes records, le pays a -une fois de plus- été contraint d’importer près d’un quart de son alimentation. La volatilité des prix des denrées alimentaires a alors été à la fois causée par la production nationale défaillante et par la dépendance aux importations.
- Russie : Dans la plupart des régions russes, le prix du panier alimentaire moyen a augmenté de 20 à 30% entre juillet 2010 et mars 2011. Les prix alimentaires sont restés élevés, même après que le gouvernement russe ait interdit l’exportation de céréales, ce qui a fait bondir les prix sur les marchés internationaux.
- Guatemala : Dans les régions rurales, près de 70% des enfants sont sous-alimentés. Ayant parié sur les importations bon marché plutôt que sur l’investissement dans la production alimentaire domestique, la crise a fait nettement augmenté la part de la population souffrant de malnutrition.
« Ceux qui souffrent des conséquences de cette crise appellent leurs dirigeants à des actions ambitieuses et n’obtiennent guère plus que de grands discours », estime Thierry Kesteloot. « Sans passer à l’acte, ces belles paroles ne nourriront jamais les familles souffrant de la faim. Il est grand temps que les dirigeants soient confrontés avec la réalité et prennent à bras-le-corps les causes profondes de la crise. »
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